Procédure de démission d’un secrétaire CSE

Alexis Maes

11 Nov, 2025

Vous êtes secrétaire du CSE. Vous êtes épuisé et vous songez à passer le relais. Votre surcharge de travail vous pousse vers la sortie ? Ou une mutation interne, la fin du mandat ou juste une envie de souffler ? Rassurez-vous, démissionner de la fonction de secrétaire est possible.

Dans cet article, nous vous décryptons ce que dit le Code du travail, comment planifier l’organisation pour votre départ, et comment garder une ambiance positive et donner envie aux élus de rester engagés. Vous trouverez aussi : un modèle de lettre et un cas pratique pour vous projeter.

 

Comprendre la démission du secrétaire CSE

De quoi s’agit-il ?

Avant de commencer, il est important de distinguer deux types de démissions. Le premier est la démission de la fonction de secrétaire (on quitte le rôle opérationnel de secrétariat). Le deuxième est la démission du mandat d’élu CSE (on quitte le CSE).

Le Code du travail impose que le CSE désigne parmi ses membres titulaires un secrétaire ; cela n’empêche pas un élu de renoncer à la fonction tout en conservant son siège d’élu si tel est son choix.¹

Prenons un exemple. Amine est secrétaire CSE et souhaite démissionner. Il reste élu titulaire, mais cède la fonction de secrétaire. Ainsi, il continue de siéger et de voter, mais n’assure plus la rédaction des procès-verbaux ni l’animation des sujets liés à son poste de secrétaire.

Il faut bien comprendre que la démission (initiative du secrétaire) n’est pas la révocation (décision du comité). Le formalisme précis de la révocation dépend du règlement intérieur et des usages de vote ; ici, on traite bien de la démission volontaire.

Quand et pourquoi démissionner ?

Amine n’a rien d’un “démissionnaire peu investi”. Depuis deux ans, il tient le rôle du secrétaire à merveille. En effet, il envoie les convocations, prépare les ordres du jour, rédige des procès-verbaux. La semaine dernière encore, il a bouclé un compte rendu à 22h, entre deux relances pour recevoir des documents pour la consultation des Orientations Stratégiques de l’entreprise. Depuis, il se rend compte qu’il a du mal à tenir la cadence et que la fatigue le gagne au fur et à mesure. Malgré son efficacité, le plaisir disparaît.

En parallèle, son service lui propose une évolution professionnelle avec un nouveau périmètre, des horaires aménagés, peut-être un pas vers la mobilité qu’il souhaite depuis longtemps. “Je peux continuer à siéger comme élu, mais la fonction de secrétaire… est-ce encore raisonnable ?”, se surprend-il à penser.

Au CSE, le vent tourne. Les dernières élections ont amené de nouveaux visages, une nouvelle énergie. On parle d’un binôme pour repartir sur de bonnes bases, d’un secrétaire adjoint, de simplifier les trames. Amine voit là une recomposition du bureau qui pourrait réussir sans lui faire porter tout le poids du secrétariat.

Surtout, il a envie de se recentrer. Son truc à lui, c’est la communication : rendre les sujets lisibles, publier des synthèses claires pour les salariés, animer des permanences pour les salariés. Il apprécie également la SSCT depuis sa formation avec Dice Academy. Ses missions favorites ? Les enquêtes et les analyses de situations de travail. Bref, une préférence thématique qui ne colle plus avec le rôle de secrétaire… mais qui pourrait nourrir le CSE autrement.

Alors Amine décide de passer le relais. Il prépare une passation propre, propose une élection du nouveau secrétaire à la prochaine réunion CSE, et annonce qu’il reste élu pour porter la communication ou la SSCT. 

Assurer la continuité de la vie du CSE

Si le départ du secrétaire CSE n’est pas anticipé, cela peut impacter le CSE. En effet, le secrétaire est responsable de la rédaction du procès-verbal et du suivi documentaire (archivage) et à défaut d’accord d’entreprise, le procès-verbal doit être rédigé et communiqué dans un délai de 15 jours. Une vacance de poste non anticipée peut donc perturber la production des procès-verbaux, la préparation des ordres du jour et la qualité du dialogue social. 

Que faire avant d’annoncer ma démission ?

Lister les dossiers en cours et les échéances des projets (consultations, DUERP, négociation).
Recenser les accès et outils (boîtes mail, drive, logiciels PV, modèles).
Identifier un binôme ou référent temporaire.
Préparer un message interne court et positif.

La procédure de démission du secrétaire CSE

Annoncer sa décision : qui prévenir, dans quel ordre ?

Nous vous conseillons de prioriser la transparence et le respect des instances. Tout d’abord, commencez par informer l’employeur et le président ainsi que les élus du CSE, puis proposez un calendrier de transition.

Ensuite, inscrivez à l’ordre du jour de la prochaine réunion le point “vacance du poste – élection d’un nouveau secrétaire”. L’objectif est d’éviter les rumeurs et maintenir la confiance des salariés (“je passe le relais pour garantir la continuité”).

Formaliser par écrit : la lettre de démission

La lettre doit être simple et traçable. Elle doit retranscrire l’identité du secrétaire, la référence au CSE concerné ; elle doit également présenter un objet : démission de la fonction de secrétaire (et maintien ou non du mandat d’élu) ; mais aussi stipuler une date d’effet souhaitée. Nous vous conseillons de laisser un délai raisonnable. Enfin, elle doit présenter des disponibilités pour la passation.

Elle doit être remise contre décharge ou envoyée en LRAR pour preuve, puis archivée dans les dossiers du CSE.

Consigner au procès-verbal et tracer la passation

Lundi matin, Amine ouvre son document “ODJ_type.docx” et ajoute calmement la ligne qui scellera la transition :
Point 2 – Vacance du poste de secrétaire du CSE et organisation de l’élection du remplaçant.
Il valide l’ordre du jour avec le président qui le partage aux élus avec un mot simple : “On prépare le relais dans les règles.”

Le jour J, Amine présente le point avec le même sérieux que d’habitude, mais la voix plus légère. Il rappelle sa démission de la fonction, son souhait de rester élu, et propose de désigner un nouveau secrétaire. Personne ne dramatise : on acte, on avance. Le procès-verbal capturera cette sobriété. Le rédacteur lit à haute voix la formulation qu’Amine a préparée :

“Le comité prend acte de la démission de M. Amine de quitter sa fonction de secrétaire du CSE à compter du [date]. Le comité passe au prochain point de l’ordre du jour : l’élection du nouveau secrétaire. Il est convenu d’une passation des dossiers (documents, accès, modèles) d’ici [date], sous le pilotage d’Amine et du futur secrétaire.”

Après la réunion, Amine enchaîne sur le concret : une passation en trois volets qu’il a déjà rangée dans un dossier “Transmission_Secrétariat”.

1. Liste d’accès et outils de travail

La passation doit commencer par un transfert complet des accès numériques nécessaires à la continuité du mandat. Cela inclut la boîte mail du CSE et les alias de diffusion, le drive partagé avec ses répertoires principaux (“ODJ”, “PV”, “Consultations”, “SSCT”, “Budgets”), ainsi que les outils de prise de notes ou logiciels de rédaction de procès-verbaux. Il est important de transmettre les identifiants correspondants et, le cas échéant, la procédure de réinitialisation des mots de passe. L’accès à l’agenda des réunions du CSE et au calendrier des consultations récurrentes doit également être assuré.

2. Modèles, trames et routines de fonctionnement

Le secrétaire sortant doit transférer l’ensemble des modèles et trames utilisés pour le travail quotidien du CSE. Cela comprend les convocations, ordres du jour et procès-verbaux (dans leurs versions simples ou avec délibérations), les modèles d’emails destinés aux salariés, aux experts ou à l’employeur, ainsi que les checklists pratiques relatives à la préparation, au déroulement et au suivi des réunions. 

3. État des dossiers et points sensibles

Un état des lieux détaillé des dossiers en cours doit être partagé. Il comprend les consultations en cours avec leurs échéances, les pièces déjà reçues et les questions restant à poser, ainsi que les sujets prioritaires du domaine SSCT (signalements, enquêtes, points liés au DUERP). Il convient également de transmettre les informations relatives aux prestataires du CSE : coordonnées, contrats en cours et habitudes de travail.

Il coche au fur et à mesure, laisse des notes de contexte là où une simple pièce jointe ne suffit pas (“attention : ce modèle PV est adapté aux réunions avec expert, pensez à supprimer l’annexe 2 si pas d’expertise”). Enfin, il propose une mini-réunion de passation d’1h pour vérifier les accès en live, répondre aux questions, et signer un compte rendu de transfert (date, liste des éléments remis, qui a reçu quoi).

Le soir, Amine ferme son ordinateur avec l’apaisement des choses bien faites. Sur le drive, un dernier fichier : “Passation_ok_YYYYMMDD.pdf”. Il sait que, désormais, la machine ne dépend plus de lui. Et c’est précisément ce qui rend son départ de la fonction aussi propre que respectueux du collectif.

À défaut d’accord, le secrétaire sortant reste responsable du procès-verbal de la réunion en cours ; d’où l’intérêt de planifier la date d’effet.

Remplacer le secrétaire CSE

Qui assure l’intérim ?

Le Code du travail prévoit que le CSE désigne (ou élise) son secrétaire ; en cas de vacance, le comité peut confier temporairement la tenue de séance (rédaction du procès-verbal, préparation de l’ordre du jour) à un titulaire volontaire, ou à un secrétaire adjoint si le règlement intérieur l’a prévu. Il n’est pas prévu que la direction s’occupe du procès-verbal.

Organiser l’élection du nouveau secrétaire CSE

Pour organiser l’élection du nouveau secrétaire, commencez par inscrire le point “élection du secrétaire” à l’ordre du jour, puis convoquez les membres dans les règles. Le vote se fait parmi les titulaires ; la jurisprudence comme la pratique admettent un vote à la majorité des membres présents. Il est possible de le faire à bulletin secret si le règlement intérieur le propose. Ensuite, proposez une présentation courte des candidatures.

Préserver la dynamique collective

Rassurez les élus CSE, l’employeur et les salariés

L’idée est de transmettre un message de continuité : “le relais est passé, la mission se poursuit”. Présenter un plan clair précisant l’organisation de l’intérim, la date prévue pour l’élection du nouveau secrétaire et les modalités de la passation, permet de rassurer l’ensemble des parties prenantes : employeur, élus et salariés. Enfin, la diffusion d’une note synthétique après la réunion permet d’ancrer cette continuité et de faciliter la transition.

Après la passation

Le lendemain de la passation, Amine revient… mais cette fois sans le “chapeau” de secrétaire. Il a réservé la petite salle à l’étage, posé des Post-it, imprimé une matrice “Qui fait quoi ?” et lancé un café. “On repart sur des bases claires”, sourit-il.

Sur le paperboard, il trace des colonnes. Chacun place son nom où il se sent utile. Le nouveau secrétaire prend naturellement la coordination et la préparation de l’ordre du jour ; un élu s’engage sur les relances et la logistique suites aux plans d’actions des réunions.

Amine enchaîne par un mini-atelier “rappels essentiels”. Il déroule la trame d’un procès-verbal lisible, les réflexes d’avant/pendant/après réunion, le timing de diffusion, et ces petites astuces qui font gagner des heures (un sommaire cliquable, des décisions en gras, un tableau final “qui fait quoi / pour quand”). Grâce à ces actions, chacun sait ce qu’il doit faire et quand.

Ainsi, la charge n’écrase plus une seule personne ; le procès-verbal gagne en qualité et en respect des délais ; le dialogue social s’améliore, parce que les réunions sont préparées, cadrées, suivies.

Besoin d’un cadre, de trames et d’un coup de main pour faire pareil chez vous ? On vous accompagne avec un audit express (1h pour cartographier vos pratiques + plan d’action concret) et une formation Éco “Fonctionnement du CSE & rôle du secrétaire” pour installer des routines.

Prendre les bonnes habitudes

Deux semaines passent. Le bureau du CSE adopte trois habitudes simples, que tout le monde peut tenir même en période chargée :

Chaque semaine (20 min)

Lundi 9h10-9h30 : le bureau se connecte, fait le point sur l’ordre du jour en préparation, les pièces reçues et les actions en retard. Pas de débats, juste des décisions ultra-opérationnelles. On sort avec une liste courte et datée.

Templates communs, zéro page blanche

Un ordre du jour type, un procès-verbal type et un tableau de suivi sont disponibles dans le drive, à jour et structurés avec des champs clairs (“objet”, “décision”, “responsable”, “échéance”). Grâce à cette organisation, les nouveaux membres peuvent s’approprier les dossiers immédiatement, sans perdre de temps à rechercher le “dernier bon modèle”.

Sprint 30 jours pour ancrer l’organisation

Durant le premier mois du nouveau secrétariat, les trois premières réunions servent de repères : une préparation structurée 72 heures avant, un débrief de 15 minutes juste après, puis un procès-verbal consolidé sous 15 jours. En un mois, le rythme est installé ; chacun a trouvé sa place et plus personne ne souhaite revenir aux anciennes habitudes.

Amine observe désormais la mécanique fonctionner. Il reste un élu engagé sur ses thèmes de prédilection, mais il ne mène plus ses missions de secrétaire.

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Peut-on démissionner du poste de secrétaire sans quitter le CSE ?

Oui, un élu peut renoncer à la fonction en conservant son mandat.

Qui remplace le secrétaire démissionnaire ?

Le CSE procède à une désignation d’un nouveau secrétaire, selon les modalités prévues (souvent majorité simple, vote à bulletin secret ou main levée en suivant le Règlement intérieur du CSE). Un intérim peut être assuré par un titulaire ou un secrétaire adjoint si le règlement intérieur le prévoit.

Démissionner de la fonction de secrétaire du CSE est tout à fait possible, à condition d’en organiser soigneusement la transition : une annonce transparente, une lettre formalisée et traçable, l’inscription du point à l’ordre du jour, l’élection du remplaçant, puis une passation rigoureuse des documents, accès et dossiers. Au-delà du respect des règles, l’enjeu est avant tout collectif : assurer la continuité des pratiques pour préserver la qualité du dialogue social et la stabilité du fonctionnement du CSE.

Ne laissez pas la lassitude décider à votre place. Si vous sentez de la fatigue dans votre rôle de secrétaire, anticipez la passation, proposez un calendrier et un partage des tâches. Travailler en collectif change tout. Téléchargez le modèle de lettre, préparez votre passation et, si besoin, faites-vous accompagner pour sécuriser les premières semaines du nouveau secrétariat.

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