Référent harcèlement au CSE : rôle et missions

Alexis Maes

19 Déc, 2025

Nommer un référent ne suffit pas, car vous devez structurer sa mission et lui donner des moyens. Ainsi, votre CSE protège mieux les salariés et réduit les risques, tout en clarifiant les responsabilités. Le référent harcèlement au CSE constitue un point d’entrée identifié pour orienter les salariés, contribuer à la prévention et expliquer les dispositifs existants, dans le respect du cadre légal. Cet article vous présente le rôle et les missions du référent harcèlement.

Le cadre légal : qui, quand, pourquoi

Le CSE agit pour la santé et la sécurité au travail, et le référent contribue à cette mission avec un angle précis. Le référent intervient face au harcèlement sexuel et aux agissements sexistes, ce qui implique une approche rigoureuse du parcours de signalement. De plus, le cadre légal précise les obligations respectives de l’employeur et du CSE, même si les missions opérationnelles du référent ne sont pas détaillées par le Code du travail. Vous facilitez ainsi la coopération avec la CSSCT et les RH, ce qui améliore la réactivité face aux situations sensibles. De plus, vous rendez le dispositif plus lisible pour les salariés, qui comprennent mieux à qui s’adresser et comment procéder¹.

Missions opérationnelles du référent CSE

La première mission consiste à accueillir la parole de ses collaborateurs avec une posture claire et respectueuse. Le référent écoute et reformule, puis il clarifie le besoin et le contexte. Ensuite, il explique ce que la procédure prévoit et il oriente vers les bons interlocuteurs. Vous protégez ainsi les salariés de votre organisation.

De plus, le référent facilite le lien entre les salariés et les acteurs compétents, et peut orienter l’information vers les instances appropriées lorsque la situation le justifie. Par ailleurs, il alimente les échanges avec la CSSCT et il enrichit les retours d’expérience, ce qui améliore la détection précoce des signaux évocateurs. Dès lors, votre organisation réagit plus rapidement.

Le référent agit enfin dans le respect d’une juste limite, car il ne mène pas d’enquête disciplinaire et il ne juge pas les personnes. Il reste un point d’entrée et d’orientation. 

Cartographie des acteurs et rôles

Le salarié s’adresse au référent pour comprendre ses options. Le référent écoute, explique la procédure et oriente sans tarder.

La CSSCT suit la prévention et les conditions de travail. Elle coopère avec le référent pour partager des constats utiles.

Les RH gèrent les procédures internes. Le référent les alerte et leur transmet les informations appropriées.

La médecine du travail conseille et prévient. Le référent facilite le lien quand la situation le nécessite.

Les compétences du référent harcèlement

Le référent s’appuie sur des compétences qui se cultivent avec méthode. Il pratique l’écoute active et la neutralité, puis il soigne la clarté de ses messages pour éviter toute ambiguïté. De plus, il sait expliquer le processus de signalement et il comprend les interactions entre acteurs, ce qui lui permet de rassurer et de guider avec tact dans des moments souvent sensibles.

La formation Référent Harcèlement Sexuel et Agissements Sexistes permet de mieux comprendre les situations à risque et de renforcer la capacité d’orientation. Elle s’ancre également dans le cadre légal pertinent, ce qui consolide la légitimité du référent au sein des instances¹.

De plus, grâce à cette formation, les salariés se sentent mieux accompagnés. Elle rassure la direction sur la sécurité et conforte le CSE. En somme, elle rend la prévention plus efficace, jour après jour².

Outils, procédures et preuves : sécuriser le dispositif

Votre dispositif repose sur une procédure claire et connue, car la lisibilité réduit les tensions. Vous décrivez les étapes de bout en bout et vous précisez qui fait quoi et quand, puis vous fixez des délais raisonnables. Ensuite, vous annoncez un accusé de réception et vous indiquez les suites possibles, afin que la personne comprenne son parcours.

Vous devez aussi organiser une traçabilité à la fois utile et proportionnée. Puis, vous tenez des notes factuelles et datées, tout en évitant la sur-collecte d’informations. En parallèle, vous respectez la confidentialité pour protéger les droits des personnes.

Les outils demeurent simples et robustes, à condition de rester accessibles et à jour. Vous vérifiez leur appropriation par les équipes et vous accompagnez les managers dans leur usage. Par ailleurs, vous alignez chaque support avec la procédure officielle.

Enfin, vous prévenez les dérives en rappelant les limites du rôle et la protection contre les représailles. Vous facilitez le recours aux bons interlocuteurs et vous évitez les conflits d’intérêts, puis vous mettez à jour le dispositif après chaque retour d’expérience.

Étude de cas

Une PME de 180 salariés constate des tensions et des interrogations persistantes. Les retours informels se multiplient et les équipes doutent de la procédure, tandis que les managers se sentent démunis. Le CSE nomme alors un référent et clarifie son périmètre, pendant que la direction soutient la démarche et que la CSSCT ajuste son agenda.

Le référent présente la procédure. Rapidement, il accompagne deux situations sensibles qu’il oriente vers les interlocuteurs compétents avant d’alerter les RH. Après trois mois, les acteurs partagent un bilan structuré et sincère. Ils identifient des points de friction et simplifient un formulaire jugé trop long, tout en planifiant une session de sensibilisation ciblée. Ils publient également une note interne plus pédagogique et plus directe. Le nombre de questions diminue et le climat se stabilise, ce qui favorise un dialogue social plus apaisé.

L’entreprise met en place un suivi régulier et documenté. Le référent partage des éléments de vigilance, que la CSSCT peut mettre en perspective avec ses propres constats, dans le respect de la confidentialité. De leur côté, les RH améliorent les délais de réponse et le CSE alimente la discussion avec des repères. Les salariés perçoivent alors le sérieux du dispositif, et la confiance progresse de façon durable.

Le référent harcèlement au CSE incarne un point d’entrée utile et crédible. Il écoute, il oriente et il prévient, tandis qu’il relie les salariés aux bonnes procédures. Il renforce la cohérence des acteurs et il éclaire les décisions dans un cadre clair et stable. De plus, il soutient la qualité de vie au travail et il contribue à la performance sociale de l’entreprise.

Foire aux questions

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Le référent harcèlement peut-il mener une enquête interne ?

En fait oui, ils peuvent mener une enquête interne, dans le cadre d’un signalement dès qu’il y a un faisceau d’indices, le CSE va saisir l’employeur pour alerte au droit des personnes et faire une enquêtes conjointe (l’employeur dispose de deux mois pour sanctionner suite à cette alerte).

Le référent peut-il être tenu responsable en cas d’inaction de l’employeur ?
Il peut saisir les prud’hommes si l’employé ne s’y oppose pas.
Le référent harcèlement est-il tenu au secret professionnel ?
Le référent est soumis à une obligation de discrétion et de confidentialité liée à son mandat d’élu du CSE. Il doit veiller à ne transmettre que les informations strictement nécessaires et uniquement aux personnes habilitées, afin de protéger les droits de toutes les parties concernées.
Un salarié est-il obligé de passer par le référent pour signaler une situation ?
Non. Le recours au référent harcèlement n’est jamais obligatoire. Un salarié peut s’adresser directement à l’employeur, aux ressources humaines, à la médecine du travail, à l’inspection du travail ou à la justice. Le référent constitue une possibilité supplémentaire, pas un passage imposé.
Le référent harcèlement peut-il être saisi par un témoin ?
Oui. Le référent peut être sollicité aussi bien par une personne qui s’estime victime que par un témoin d’agissements sexistes ou de harcèlement sexuel. Dans ce cas, son rôle reste identique : écouter, expliquer les options existantes et orienter vers les dispositifs appropriés.
La désignation du référent doit-elle être renouvelée ?
Oui. Le référent est désigné pour la durée du mandat des membres du CSE. À chaque renouvellement du comité, une nouvelle désignation doit intervenir. Il est recommandé d’inscrire ce point à l’ordre du jour de la première réunion du CSE renouvelé.
Le référent peut-il refuser de traiter une situation ?
Le référent peut refuser d’intervenir s’il estime que la situation dépasse son rôle, qu’il existe un conflit d’intérêts ou qu’il n’est pas en mesure d’agir avec neutralité. Dans ce cas, il doit expliquer sa position et orienter la personne vers d’autres interlocuteurs compétents.
Le référent harcèlement est-il obligatoirement distinct du référent employeur ?
Oui, dans les entreprises de 250 salariés et plus. Le référent désigné par l’employeur et celui désigné par le CSE sont deux acteurs distincts, même s’ils peuvent coopérer. Leurs rôles et leurs positions institutionnelles ne sont pas les mêmes.

Le référent harcèlement au CSE joue un rôle d’orientation et de prévention, à condition que son périmètre soit clairement défini. Il ne remplace ni l’employeur ni les procédures internes, mais il facilite l’accès à l’information et aux bons interlocuteurs.
Lorsque les règles sont connues, les rôles identifiés et les échanges structurés, le dispositif gagne en clarté. Le référent devient alors un point de repère utile pour les salariés et un appui pour le dialogue social, sans confusion sur les responsabilités de chacun.

Sources

¹ Code du travail – Article L2315-23, Legifrance

² Code du travail – Article R2315-25, Legifrance

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